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Explication (parce que je suis gentil)

Posté par hommedenonvie le 30 novembre 2008

Hypothétique lecteur,

Comme tu as dû le remarquer, il n’y a rien de nouveau sur ce blog depuis un certain temps. A celà, il y a une raison. Je travaille sur plusieurs projets en même temps, à celà s’ajoute le travail qui fait des sous, et en outre je cherche quelqu’un qui aie des connaissances suffisantes en informatique pour créer une plate forme sur laquelle je pourrai poster des textes de plus de dix pages sans que ça gêne la forme du site (je dis çe en particulier pour lucaerne).

Donc je pense continuer à poster de petits textes sur ce blog d’ici peu, une fois que tout sera en ordre.

Voilà, tu peux continuer à faire autre chose de plus constructif que me lire, hypothétique lecteur.

Publié dans Je raconte ma vie | 1 Commentaire »

Josette

Posté par hommedenonvie le 18 novembre 2008

Josette avait eu une bonne vie, selon elle. Née entre deux guerres, elle avait grandi dans l’ambiance des années folles. Puis, pendant la deuxième guerre mondiale, elle s’était faite résistante, en accueillant des hommes de son âge recherchés par la gestapo. C’est là, d’ailleurs, qu’elle avait connu son mari. Puis, ensemble, ils s’étaient entourés d’amis prévenants, avaient eu deux enfants, et tous deux travaillaient. C’était une belle époque, bien plus simple qu’à présent.
Puis, les enfants sont partis, laissant de nouveau le couple seul. Ils ont pu prendre le temps de faire ce qu’ils avaient délaissé, nourrissaient des projets. Et de projets en projets, ils se retrouvèrent à la retraite. Les voyages, les séjours chez les amis -toujours les mêmes-, le repos, le plaisir tant mérité après une vie saine et honnête de labeur. Mais jamais, à aucun moment, ils ne s’étaient ennuyés.
D’ailleurs, même à la mort de son mari, écrasé par un camion de la voirie, elle ne s’était ennuyée. La douleur et la solitude qui suivent de tels évènements ont été noyés par le combat juridique contre la mairie de sa ville, puis ses amies passaient leur temps chez elle. Elle n’a dû pleurer qu’une seule fois. Avec l’argent gagné au procès, elle partait en voyage, seule ou avec des amis, à qui elle payait le déplacement.
Mais avec le temps, ses amies mourraient de vieillesse, ses économies fondaient, sa retraite s’amenuisait, et le monde virait de plus en plus dingue. Et très vite, elle se retrouva seule, sous tutelle dans un établissement mouroir. Là, elle s’était faite de nouvelles amies, mais la promiscuité aidant ( le bâtiment en soi était divisé en petit appartements serrés les uns contre les autres, et une grande salle commune), cela tourna vite au vinaigre. Un jour, elle trouva une chatte qui semblait abandonnée, et l’emmena chez elle. Elle se sentit moins seule, et constata bien vite que ladite chatte attendait des petits.

***

Et aujourd’hui, alors qu’elle est là, dans l’ambulance, entourés d’infirmiers pleins de pitié et malgré tout de fermeté, à cause de l’habitude, comment leur expliquer? Comment leur expliquer le plaisir que ça donne, la joie qu’elle avait eu quand elle a acheté puis essayé sa boîte « du petit chimiste », le contentement que lui donnait le rendement de ses chattes, de plus en plus nombreuses, le regard qu’ils avaient quand ça craquait – il fallait attendre qu’ils ouvrent les yeux-, le classement, la rédaction de ses notes comparatives sur la méthode à utiliser? Comment leur faire comprendre, à tous ces infirmiers, et aux psychiatres spécialisés, que tuer des chatons à peine nés, en faire un hobby, une étude des plus sérieuses, de toutes les manières et avec tous les instruments possibles, c’est une façon comme une autre de vivre sa retraite? Allez leur faire comprendre, vous, que c’est l’une des seules activités qu’elle puisse faire sans dépenser sa minuscule retraite, de manière un peu originale. Je vous souhaite bien du courage…

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Maturité

Posté par hommedenonvie le 14 novembre 2008

C’était il y a cinq, six ans. Le mec, alors plus vieux d’une dizaine d’années, m’avait offert à boire, moi qui attendait au comptoir que mes potes arrivent. Potes qui ne sont jamais arrivés, d’ailleurs; je m’en souviens maintenant. Ce soir là, c’était ma première soirée dans un bar, et je n’avais pas encore l’âge légal, mais je faisais un peu plus vieux, avec ma barbe naissante. Le mec avait eu un sourire narquois et entendu quand il a su mon âge. On parlait, enfin surtout moi, et lui semblait fasciné par ce que je lui racontait, mes potes, le lycée, mon groupe de musique qui n’avançait pas, bref ma vie de gosse, creuse comme n’importe vie d’ado. Et peu à peu, le type se faisait plus présent dans la conversation, jugeait ce que je faisais ou racontais, les petites tranches merdeuses de ma vie. Au fil de la discussion qui devenait à sens unique, à son sens, il se faisait plus agressif, insultant, et s’est mis à me traiter de petit con, de merdeux incapable, et autre. Je ne savais pas quoi faire, ou dire, j’avais quinze piges. La seule réponse dont j’ai été capable, c’était un « tu rigoles? » à mi-voix, à quoi il a répondu un « j’ai une tête à rigoler? » écrasant. C’est vrai qu’il n’avait pas franchement une gueule d’humoriste. Après quoi je me suis barré. Sale soirée, ce souvenir. Mais bon, ce soir, c’est moi qui tient le beau rôle, et c’est quand même plus confortable dans l’autre sens. A la différence, le gamin est déjà mort bourré, et énumère fièrement ce qu’il a bu. Nouvelle génération. Bourré après quatre pintes. Normal, à son âge. Et je n’ai pas franchement besoin de l’appâter, il vient à moi de lui-même, s’asseoir à la chaise libre à ma gauche. Et il me raconte sa vie, ou plutôt sa non vie, parce qu’il tente de m’expliquer, dans son état d’ébriété, le monde des jeux vidéos en ligne, son monde. J’avoue que je n’en ai rien à foutre, mais je ne lui dis pas, je hoche seulement la tête, ou sort une petite connerie de temps en temps histoire de l’embrouiller. C’est jouissif: ce pauvre gosse me parle sans s’arrêter, logorrhée puante d’adolescence, me racontant que ce soir, on lui avait posé un lapin, qu’il devait voir une minette rencontrée sur un forum, et qu’à force d’attendre, il avait trop bu, mais qu’il était content parce qu’il m‘a rencontré, et que je suis « un gars cool ». Moi je dénote juste le manque de maturité dans son discours, et je me marre. Mais bon, le jeu commence à me faire chier, il ne veut pas me lâcher la grappe, il propose de me prêter un jeu, alors que je lui dis que je n’ai PAS d’ordinateur, mais bourré comme il est, il ne pige pas. Je tente de le renvoyer chier gentiment, et au bout d’un moment, je lui sors que j’en ai rien à foutre de sa vie, qu’il vaudrait mieux qu’il se barre, parce que la connerie, j’en fais une overdose , et que je vais finir par être méchant. Ce à quoi, comme de juste, il répond: « tu rigoles? », et moi, plein de nostalgie et surtout de vengeance, je lui sors: « j’ai une tête à rigoler? » et lui fait les yeux les plus noirs possible. Et il se barre. Putain, les jeunes. Petit con, va. A tiens, une heure après, un quadragénaire s’assoit à côté de moi, et me propose un verre. J’accepte, et lui semble vouloir taper la discute. Ah merde, putain de soirée…

Publié dans Petite histoire | 1 Commentaire »

Une précision de plus (encore une, et en plus je vous emmerde)

Posté par hommedenonvie le 9 novembre 2008

Alors voila.

A la vue de la tournure que prend le blog, j’ai décidé, moi et moi même, de rester malgré tout au statut de journal intime, déjà parce que je trouve ça très érogène, et ensuite pour ne pas me retrouver dans le même bateau que la plupart des gens en possession de blogs dits littéraires, alors qu’ils n’écrivent rien d’autre que des citations pseudo humanistes et des poèmes faciles et mièvres.

D’ailleurs j’écris aussi cet article dans le but de me faire insulter par ce peuple là, usuellement drapé dans la toge de la dignité béate et imbécile, parce que ça me fait mousser.

Faites moi jouir maintenant. Merci.

Publié dans Inutile | 3 Commentaires »

Marius et Silvio

Posté par hommedenonvie le 9 novembre 2008

Ca avait commencé il y a plus de trois ans déjà, mais depuis quelques mois, la misère se faisait encore plus tenace. La guerre avait fait des ravages, et ces derniers temps, elle semblait s’intéresser de près à la région de Ivangrad, annihilant tout ce qu’il était possible de détruire, laissant les hommes seuls et démunis.
Silvio et Marius décidèrent de quitter leur ville natale pour deux raisons: les soldats, qui semblaient s’y sentir à leur aise, et la faim, résultante directe de la résidence prolongée de ces dits soldats. Deux jours durant, ces amis d’enfance marchèrent à travers la campagne serbe, sans chercher à trouver un abri où s’arrêter, rongés par la peur naturelle de mourir. Lorsqu’ils furent hors de la zone de combat, ils s’arrêtèrent dans un petite ferme alors abandonnée, car à moitié trouée par des obus. Qu’importe, cela suffirait à se protéger pour la nuit, et les soldats étaient, du moins à leur connaissance, loin de là.
Ils s’installèrent dans la grange, où ils pourraient dormir dans un confort relatif, grâce à la paille qui servait aux animaux, alors morts et digérés depuis longtemps. Les deux comparses, affaiblis par la faim, fouillèrent du mieux qu’ils purent, cherchant dans les décombres de la fermette quoi que ce soit qui fût comestible. Silvio, le plus malin des deux, se concentra sur le poulailler, sûr d’y trouver des restes, capables qu’ils étaient, dans leur situation actuelle, de manger des graines. Et, après une vingtaine de minutes de recherches infructueuses, au bord du découragement, il finit par trouver un œuf, oublié des pillards, car dissimulé sous un tas de paille et de plumes. Mais un problème survint alors: comment pouvaient ils partager un unique œuf? Cela paraissait ridicule, et Silvio entreprit de l’avaler, lorsque Marius, bredouille, survint.
« -Toi, mon ami d’enfance, mon seul confident, tu oses me faire un tel coup bas? Tu n’es qu’un fils de chienne galeuse et syphilitique.
-Tu n’y es pas, Marius, j’allais t’appeler pour que nous le partagions.
-A d’autres, salopard! »
Et le combat qui suivit entre les deux hommes fatigués et désespérés fut d’une rare violence. Tous deux, avec une rage animale, frappaient l’autre pour tuer. Mais Marius, qui était de loin le plus puissant, l’emporta sur son adversaire, qui eut la tête broyée contre le sol. Et, ayant retrouvé ses esprits, il regarda l’œuf qui, à cause du combat, était cassé, et se répandait sur le sol boueux. Il était pourri depuis bien longtemps.
Marius pleura, et partit se coucher dans la grange. Il ne put dormir, et au petit matin écoutait le pas des soldats, au loin, qui ne manqueraient pas d’être ses bourreaux.

 

 

C’est peut être le truc le plus ignoble que j’ai écrit, mais bon, c’est fait. Hop, sujet suivant.

Publié dans Inutile, Petite histoire | 4 Commentaires »

 

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